Le cri de mon rêve


Là-bas, au haut des montagnes dénudées,
à peine que surgit l'éclatant soleil de l'obscurité,
que déjà recommence ce courant de vie malsain,
qu'en sursaut, m'arracha de mon rêve serein.
J'aurais bien aimé y rester,
là où la rosée s'évapore sur les fleurs parfumées.
J'aurais bien aimé y vivre,
là où la senteur de la douce nature m'ennivre.
Tantôt j'ai admiré avec une passion résolue,
les verts pâturages, à perte de vue étendus.
Cette vie de misère éternelle n'y fut point;
et cette famine qui ronge les nations encore moins.
Ce fut un éssaim d'heureux, d'âmes satisfaites,
consumant leur bonheur, et riant à tue-tête.
Je n'y ai pas vu de démunis ou d'affamés,
ni d'indigents dépourvus et assoifés;
rien que la moisson continue et l'abondance,
au delà des besoins et de l'humaine éxubérance.
Il n'y eurent point de cris langoureux d'enfants sans pain,
de pauvres femmes aux visages épuisés par la faim.
Il n'y eurent point de bruits de guerre entre empires,
ni de groupes éthniques qui s'entredéchirent.
ce fut simplement un monde où règne la paîx,
avec des peuples en liesse tout à fait.
Alors, pourquoi m'aviez-vous enlevé de mon rêve?
Mon Dieu! Pourquoi m'assujetir à ce cauchemar sans trève?
Vous seul savez combien j'ai marre de ce lieu maudit,
combien affreuse est la douleur de mon âme en agonie.
Si comme l'on dit, on gagne tout çà après le trépas,
alors que maintenant même vous me receviez dans vos bras.

                                                                                                                        Evings Pierre





               
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